Le professeur Jigoro Kano et 100 ans d'héritage

Héritage du professeur Jigoro Kano

Le professeur Jigoro Kano est né en décembre 1860 (le 28 octobre 1860 selon le calendrier lunaire), à un moment où le Japon était dans une période de transformation. En 1882, il fonda le “Kodokan Judo” après avoir gradué de l’Université impériale de Tokyo. Il agit comme directeur de trois mandats sur une période de plus de 23 ans à l’École normale supérieure de Tokyo (actuellement l’Université de Tsukuba). Le professeur Kano encouragea la réforme de l’éducation en améliorant la structure de l’éducation, et fut responsable du développement de l’éducation physique moderne et du sport au Japon. Il contribua également à la promotion globale du mouvement olympique.
En mai 1909, à l’âge de 48 ans, le professeur Kano fut nommé au Comité international olympique (CIO) à titre de premier membre asiatique. Il se dévoua au développement du sport et à l’éducation de la jeunesse. En raison de sa passion et de son dévouement au développement holistique des êtres humains à travers le sport et l’éducation, ses confrères du CIO et ses collègues dans le sport international le louèrent comme “un véritable éducateur pour la jeunesse”. En tant qu’éducateur ayant une vision globale, le professeur Kano imagina le cheminement futur des Japonais et travailla de façon à atteindre cet objectif.

Réussites de Kano

1. Développement humain par le judo

Le professeur Kano incorpora des idées pratiques dans l’art martial traditionnel du jujitsu, restructurant cette discipline pour en faire ce qui est maintenant connu sous le nom célèbre de "judo."

Il inspira tous ceux qui pratiquaient le judo à suivre une approche scientifique en observant, en fait, un esprit de justice, d’équité et de modestie. Son objectif était d’inspirer les étudiants à faire usage des habiletés et de l’expérience acquises lors de la pratique du judo afin de contribuer à un champ élargi de la société. Par conséquent, le professeur Kano décrit les valeurs de vie reflétées dans les vertus combinées du “Seiryoku-Zenyo (精力善用)” et du “Jita-Kyoei (自他共栄)”. Elles soulignent la façon la plus efficace d’utiliser sa propre énergie dans la vie quotidienne, tout en servant les autres et la communauté internationale, contribuant ainsi simultanément au développement de la société. Pour Kano, le judo était le moyen de cultiver le corps, l’esprit et les habiletés propres à chacun. En reconnaissant pleinement les bienfaits du judo, le professeur Kano donna accès aux femmes à cette discipline en 1893. Le lancement officiel d’une division féminine à son institut Kodokan Judo en 1926 fut révolutionnaire.

2. Réforme de l’éducation – combinaison d’intelligence, de vertu et de corps

Le professeur Kano aspira à développer une approche holistique à l’éducation. En travaillant pendant plus de 23 ans comme directeur de l’École normale supérieure de Tokyo, qui était alors une institution nationale de formation d’enseignants, il amorça plusieurs réformes de l’éducation. Par exemple, il révisa les règles militaires de dortoir afin d’offrir une plus grande liberté aux étudiants, allongea la durée du curriculum et accueillit les étrangers, tout ceci faisant époque. Le professeur Kano souligna également les méthodes d’enseignement pratique, basées sur la recherche, et établit un programme modèle pour la formation des enseignants du niveau secondaire.
Le département d’éducation physique fut mis en place en 1915 à l’École normale supérieure de Tokyo. Le cours d’éducation physique précédent fut allongé d’une durée d’un an à un cours d’une durée de 4 ans, et l’éducation physique devint une matière établie et spécialisée, représentant une amélioration en termes de qualité et de quantité. Le professeur Kano mit également en œuvre des activités parascolaires dans les écoles à l’échelle nationale et établit les fondements de la structure actuelle selon laquelle tous les étudiants peuvent participer au sport à l’école. Depuis plus d’un siècle, l’éducation physique et les clubs d’activités parascolaires sont accessibles à tous les étudiants présents dans le système d’éducation japonais. Ceci est exceptionnel surtout en considérant les recommandations récentes du CIO et de l’UNESCO.

3.Le sport pour tous!

Pour l’établissement de l’Association d’athlétisme amateur du Japon (actuellement l’Association sportive du Japon et le Comité olympique japonais) en juillet 1911, le professeur Kano prétendit que la fondation de l’état était influencée par l’esprit de ses citoyens et se basait sur leur forme physique. Par conséquent, le professeur Kano insista sur la nécessité d’avoir un développement structuré du sport.
Parmi les autres sports, le professeur Kano privilégia en particulier la natation et la course sur longue distance, étant donné que ces disciplines convenaient à tous, sans égard au sexe, à l’âge ou à la dextérité. Des festivals sportifs, des compétitions de course sur longue distance et des leçons de natations furent organisés pour tous les étudiants de l’École normale supérieure de Tokyo. Conséquemment, ces étudiants disséminèrent plus tard ce type d’événements, une fois qu’ils eurent gradué et qu’ils devinrent des professeurs ou des entraîneurs à travers le Japon.
Suite à la fondation de l’Association sportive du Japon, Kano mit en place des championnats nationaux d’athlétismes et de natation et fit également la promotion de divers autres sports.

4.Pionnier et leader du mouvement olympique en Asie

Le professeur Kano fut nommé au CIO, devenant son premier membre asiatique en 1909, et contribua au développement du mouvement olympique en Asie et au Japon. En tant que chef de mission, Kano initia la participation aux Jeux olympiques de 1912 à Stockholm comme moyen d’échange culturel international. Il voyagea à travers le monde et promut le développement holistique des êtres humains par le biais de l’éducation physique, du sport ainsi que par les échanges internationaux à travers le sport. À chaque fois qu’il voyagea à titre de membre du CIO, il donna des présentations et fit des démonstrations de judo.
Afin de revigorer le mouvement olympique, Kano eut l’intention d’intégrer l’esprit des arts martiaux japonais dans l’olympisme, et souhaita que le Japon accueille les Jeux olympiques de 1940. Dans un article écrit avant sa mort, Pierre de Coubertin exprima également l’espoir que de nouveaux idéaux olympiques naîtraient de l’interaction avec la culture d’Asie, par l’entremise de Jeux ayant lieu au Japon. Kano croyait fermement que le mouvement olympique était universel, permettant l’intégration des concepts provenant de l’Orient et de l’Occident.

5.Coopération internationale & Jita-Kyoei

Le professeur Kano fut le premier directeur au Japon à accepter les étudiants venant de pays étrangers.
De 1896 à 1909, en réponse aux demandes du gouvernement de la Chine (alors la Dynastie Qing), Kano prit les dispositions nécessaires pour accueillir plus de 8 000 étudiants chinois dans l’ensemble des écoles d’éducation supérieure.
En plus d’étudier le japonais, les lettres et les sciences naturelles, ces étudiants internationaux étaient encouragés à participer au judo, à la course sur longue distance, au tennis, au football et à plusieurs autres sports. A l’École normale supérieure de Tokyo, les étudiants chinois mirent sur pieds une équipe de football et des compétitions inter-école furent tenues à Tokyo.
Des documents de l’époque mentionnent que les Japonais et les étudiants étrangers se divertissaient ensemble sur le même terrain sportif et se soutenaient mutuellement dans leur développement à travers le sport.
Coopérer avec les autres avec bonne volonté et apprendre les uns des autres amènent des bénéfices mutuels et le bien-être. C’est la philosophie de Kano et cet esprit peut être appliqué au développement de la communauté globale dans le contexte actuel.

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